Ingénieur généraliste : un mythe ?

Il existe aujourd’hui plus de 200 écoles d’ingénieurs-es (*) en France dont 80 recrutent directement après le bac. La recherche d’une formation d’ingénieur-e, lorsque l’on est en classe de Terminale, peut alors s’avérer compliquée.

Face à ce large choix, de nombreux élèves optent pour des formations d’ingénieur-e se revendiquant « généralistes ». Ils espèrent obtenir le précieux titre et ont l’impression qu’ils n’auront pas à faire de choix de spécialisation.

Le terme « généraliste » associé au titre d’ingénieur-e existe depuis plus d’un siècle et demi. Cité en premier lieu par l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures (l’Ecole Centrale de Paris), l’ingénieur-e généraliste se définit alors comme « médecin des usines et des fabriques ». Il intervient principalement dans le domaine des sciences industrielles (issues de problématiques mécaniques). Plus tard, l’Ecole des Mines précise la définition de l’ingénieur-e généraliste et y apporte des compléments disciplinaires (chimie, électricité, etc.).

Avec l’évolution des sciences et des techniques, de nombreuses écoles d’ingénieurs-es se créent autour de thématiques d’études plus spécifiques pour répondre à des problématiques industrielles de plus en plus complexes. En parallèle à ce développement, les écoles généralistes mettent en place un système d’approfondissement qui conduit leurs élèves à se spécialiser progressivement au cours de leur cursus.

La création de la Commission des Titres d’Ingénieurs (CTI) en 1934, conduit à la définition de plusieurs domaines d’intervention de l’ingénieur-e. A ce jour, la CTI reconnaît 11 champs thématiques pour les formations d’ingénieur-e dont aucun n’est « généraliste ». Le modèle pédagogique de toutes les écoles répond à la définition du métier d’ingénieur-e défini par la CTI. « Le métier de l’ingénieur-e consiste à poser et résoudre de manière performante et innovante des problèmes souvent complexes, de création, de conception, de réalisation, de mise en œuvre, au sein d’une organisation compétitive, de produits, de systèmes ou de services, éventuellement de leur financement et de leur commercialisation. » À ce titre, l’ingénieur-e doit posséder un ensemble de savoirs techniques, économiques, sociaux et humains, reposant sur une solide culture scientifique.

En ce sens, quel que soit le champ thématique, tout ingénieur diplômé d’une école accréditée par la CTI à une vocation généraliste.

L’ingénieur-e doit aujourd’hui aborder des questions complexes en prenant en compte les aspects techniques, économiques, managériaux et sociétaux et en s’appuyant notamment sur les outils numériques. Alors, si l’on devait recréer le modèle de formation « généraliste » à l’image de la définition qui en a été faite par l’Ecole Centrale au XIXème siècle, ce dernier s’appuierait aujourd’hui sur une formation orientée vers la maîtrise des systèmes d’information.

Enfin, dans un contexte où l’expertise technique pointue est de plus en plus recherchée par les entreprises souhaitant gagner des parts de marché dans un monde globalisé, on peut s’interroger sur la pertinence du terme « généraliste », qui supposerait « aucune spécialisation » mais également « aucune expertise ».

Pour résumer, on peut considérer aujourd’hui que tout ingénieur-e est généraliste de son secteur d’intervention.

Vous le verrez très vite sur le portail APB, car au moment de votre choix dans la rubrique « formations d’ingénieur-e », vous serez invités à préciser votre recherche par « mots clés » qui correspondent de manière assez proche aux champs thématiques définis par la CTI. Le mot clé « Généraliste » n’en fait pas partie.

Déléguée Générale du Concours Alpha

Le Concours Alpha regroupe 7 écoles d’ingénieurs postbac. Pour plus d’informations, connectez-vous sur www.concours-alpha.fr

(*) cet article est rédigé conformément au guide des bonnes pratiques sur l’égalité, publié par le ministère de l’enseignement supérieur.

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